Les Huit Étapes du Raja Yoga,

Les Huit Étapes du Raja Yoga

(Extrait du livre « Méditation et Mantras » de Swami Vishnudevananda)

Les plans de ces fondations se trouvent dans l’ashtanga (huit membres) du raja yoga. Ces huit étapes progressives sont yama (abstinences), niyama (observances), asanas (postures), pranayama (contrôle de la respiration), pratyahara (retrait des sens), dharana (concentration), dhyana (méditation), et samadhi (état de supraconscience). Les cinq premières étapes sont la base nécessaire à la pratique de la concentration.

Yama consiste en une série de préceptes semblables aux Dix Commandements. Il s’agit de : la non-violence envers toute créature vivante, la véracité (en pensée, en parole et en action), l’abstention du vol (ce qui inclut la non-convoitise), la sublimation de l’énergie sexuelle. Niyama est le développement de vertus telles que la propreté du corps et de l’environnement, le contentement, l’austérité ou le contrôle des sens, l’étude de livres spirituels, et l’abandon de soi à la Volonté Divine. Ensemble, yamas et niyamas favorisent le développement de hautes qualités morales et d’une conduite exemplaire. Le mental s’en trouve élevé et purifié, permettant ainsi la pratique d’une méditation profonde.

Un organisme sain et résistant est également une condition essentielle. Un mental stable suppose une posture stable. La concentration est impossible pour celui qui est torturé par des douleurs dans le dos ou dans les genoux, ou quelque autre inconfort résultant d’une position assise prolongée. Il est nécessaire, pour acquérir la capacité de concentration du mental sur une pensée unique, d’être en mesure d’oublier complètement le corps. Le système nerveux doit être suffisamment fort pour faire face aux divers phénomènes d’ordre mental et aux troubles qui peuvent se produire pendant la pratique. Lorsque le mental est tourné vers l’intérieur, il arrive qu’apparaissent, venues des profondeurs, des résurgences négatives du passé ; en certaines rares occasions, elles peuvent aller jusqu’à prendre la forme symbolique de visions. Une personne fragile pourrait cesser la pratique de la concentration plutôt que d’affronter ces aspects de son subconscient. On ne peut parvenir avec succès à la concentration qu’en veillant à conserver le corps et le mental en parfaite santé. Les asanas procurent au corps et au système nerveux force et souplesse, permettant la libre circulation du flux de l’énergie vitale.

Tout comme une posture stable est nécessaire, le contrôle du souffle est également une condition indispensable à la pratique de la concentration. Observez ce qui se passe lorsqu’une personne concentre toute son attention pour saisir un murmure à peine audible : la respiration cesse. Comme les deux faces d’une pièce de monnaie, le mental et la respiration vont toujours de pair. Lorsque le mental est agité, la respiration se fait irrégulière.

De même, lorsque la respiration se calme et devient régulière, le mental répond en s’apaisant également. Le prananaya, système yoguique de contrôle de la respiration, stabilise le mental et le prépare à la concentration.

Afin de réduire le gaspillage de l’énergie mentale vers l’extérieur, il est nécessaire de dominer les sens. Un quart de notre énergie est dépensé dans la digestion d’aliments le plus souvent absorbés pour le plaisir du palais plus qu’à de réelles fins nutritives. Une autre grande part de l’énergie physique et mentale est gaspillée en bavardages stériles. Adoptez un régime végétarien et nourrissez-vous avec frugalité. Apprenez à contrôler votre langue en observant chaque jour une ou deux heures de silence. Les sens ont été habitués à la surnutrition et à la gloutonnerie. Examinez soigneusement toutes vos habitudes et réduisez vos besoins.

Pratyahara ou retrait des sens, est une sorte de jeûne pour le mental. Les pensées sont littéralement sevrées des innombrables sensations dont elles se nourrissent. Les sens ne peuvent transmettre une information sans la collaboration du mental. Pratyahara est la technique qui permet de rompre le contact des sens avec leurs objets. Il est ainsi possible d’éliminer par exemple un bruit extérieur qui perturbe le mental (radio, télévision…). En détournant le mental, les sens se trouvent par voie de conséquence, coupés de leur objet.

Pratyahara, dans sa forme graphique est symbolisé par le yoni mudra qui est lui-même un exercice de concentration. Il consiste à fermer les yeux, le nez et la bouche avec les doigts des deux mains, les pouces bloquant l’ouverture des oreilles. Toute distraction est ainsi laissée au-dehors, et l’attention peut alors se fixer sur la seule chose qui subsiste : les sons intérieurs ou anahata.

Quand on progresse au long de ces cinq premières étapes, il est possible d’envisager la pratique de la concentration qui doit être considérée comme un tremplin vers la méditation et le samadhi. Ainsi cette pratique ne se limite-t-elle pas à une heure ou deux passées dans une pièce tranquille. Elle peut et doit pénétrer tous les aspects de la vie.

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