Ce qui pénètre dans le corps physique est directement lié à l’efficacité du fonctionnement du cerveau. Des études récentes ont montré que certains colorants rouges dans les aliments sont cause d’hyperactivité chez les enfants et que le sucre raffiné peut provoquer une instabilité émotionnelle. Ce ne sont que deux exemples de substances que l’on consomme souvent sans y prendre garde, sans en comprendre les effets sur le corps et le mental. Quelqu’un qui médite régulièrement doit en être particulièrement conscient car même au jour le jour, le régime alimentaire influence la qualité de la méditation.
La meilleure alimentation pour un méditant est une nourriture douce. Cela ne veut pas dire que les repas ne doivent pas être appétissants mais on doit éliminer les aliments qui affectent le mental. Les épices fortes et piquantes, l’ail, l’oignon, le sel, le café, le thé et la viande agitent le mental et rendent donc difficile le contrôle des pensées. Puis il y a les aliments qui rendent le mental lent et provoquent l’assoupissement plutôt que la concentration. Ce sont les aliments réchauffés ou trop cuits et bien sûr l’alcool. Les drogues et le tabac, bien qu’ils ne soient pas des aliments, rentrent aussi dans cette catégorie.
Il est certain que la plupart d’entre nous ont une préférence pour les aliments cités plus haut. On ne s’attend pas à ce que chacun soit capable de faire un changement radical et immédiat dans son alimentation, mais ceux qui s’intéressent sincèrement à la méditation devraient rapidement éliminer la viande et les cigarettes (le hatha yoga les y aidera). Si l’on a conscience du but recherché, la plupart des mauvaises habitudes tomberont d’elles-mêmes, le moment venu, simplement en raison du changement d’état de conscience que produit la méditation. On devrait commencer par faire ses achats et cuisiner avec plus de conscience.
Il y a beaucoup d’aliments naturels qui sont faciles à préparer et des snacks tels que fruits et noisettes valent bien des sucreries ou un Martini. Achetez des fruits et des légumes frais.
Lisez toutes les étiquettes qui indiquent les compositions et évitez les additifs, les aliments tout préparés et les boîtes de conserve dans la mesure du possible. Allez faire un tour dans le magasin de diététique de votre quartier. Achetez quelques livres sur la nutrition et le régime végétarien. D’ici quelques mois, il se produira un grand changement.
Il y a dix ans, le végétarisme était quasiment une pratique secrète. On considérait généralement quelqu’un qui ne mangeait pas de viande avec une certaine curiosité voire de la méfiance. Aujourd’hui les choses ont bien changé. Il existe des magasins de diététiques et des restaurants végétariens partout, même dans les plus petites villes. Nous prenons de plus en plus conscience que notre santé dépend directement de ce que nous mangeons. Presque toutes les maladies peuvent être guéries soit par un changement de régime alimentaire soit par une période de jeûne et sans aucun médicament. Cela ne concerne pas seulement les problèmes physiques mais aussi de nombreux troubles psychiques. Il est particulièrement important que les femmes enceintes prennent conscience de cela parce que trop souvent elles ne réalisent pas l’influence de leur régime alimentaire sur le développement du fœtus.
Contrairement à l’idée répandue, ce ne sont pas les végétariens qui manquent de protéines, mais plutôt les mangeurs de viande qui en consomment trop. Les protéines animales contiennent de l’acide urique en grande quantité. Celui-ci est un produit azoté similaire à l’ammoniaque. Il n’est pas soluble dans l’eau et ne peut pas être transformé par le foie. De plus, bien qu’on en élimine une certaine quantité, la plus grande partie de l’acide urique se dépose dans les articulations, il y a alors apparition d’arthrite.
Le durcissement des artères et les maladies cardiaques sont deux des principales maladies en Occident où l’on consomme le plus de viande. Le coupable en est le cholestérol qui ne peut pas être éliminé lui non plus, et forme donc des résidus de graisse le long des parois du cœur et des artères ; celles-ci s’épaississent progressivement jusqu’à ce qu’elles s’obstruent et perdent toute leur élasticité. Certains pensent que remplacer le beurre par la margarine résoudra le problème, mais en fait toutes les huiles hydrogénées sont aussi nuisibles. Cependant, la principale cause de cholestérol n’est pas le peu de beurre que vous mettez sur vos tartines du matin mais provient des centaines de kilogrammes de chair et de graisses animales que vous consommez chaque année.
Les maladies cardiaques, le durcissement des artères et l’arthrite sont des infirmités courantes, mais la maladie qui occasionne la plus grande peur dans le cœur des Occidentaux est le cancer. On a découvert que de nombreuses substances sont cancérigènes pour les animaux, mais les résultats semblent indiquer que les quantités absorbées en moyenne par une personne sont insuffisantes pour causer un cancer. Ce que l’on ne dit pas, c’est que l’accumulation de ces substances toxiques pendant des années provoque bien le cancer.
Et quelles sont ces substances ?
D’innombrables produits chimiques sont absorbés par les animaux sous forme de nourriture et d’injections ; cela permet de les engraisser au maximum afin d’en tirer un plus grand profit. Les nitrates, les colorants, les hormones synthétiques et même l’arsenic sont parmi les produits chimiques que contient la chair des animaux au moment où on l’achète au supermarché. Tout cela ajouté à tous les autres additifs consommés par les membres de la société industrielle se concentrent dans le corps et sont stockés dans les tissus. Le cancer apparaît lorsque, les cellules réagissant à cet excès de toxines, opèrent une sorte de mutation et deviennent des cellules qui se reproduisent de façon anarchique.
Voilà pour les horreurs de l’industrie alimentaire. Il y a plusieurs autres raisons intéressantes d’ordre physique et spirituel de ne pas manger de viande. La première est que l’on a besoin de quatre fois plus de céréales pour nourrir le bétail que pour nourrir l’homme directement. Cela pose une question morale sur le partage de nos ressources avec les populations les plus pauvres. Les végétaux sont la source d’énergie originelle pour toutes les créatures vivantes du fait qu’ils absorbent l’énergie solaire grâce à la photosynthèse. Les végétariens non seulement puisent leur nourriture de la source première mais leur alimentation est plus économique si on considère le coût et l’utilisation rationnelle de la terre cultivable.
Il est intéressant de noter aussi que le système digestif de l’homme n’est pas celui d’un carnivore. Ses dents sont conçues pour écraser et mâcher des céréales, non pour déchiqueter de la viande. C’est pourquoi on fait vieillir la viande, on l’attendrit et la fait cuire.
Chez l’homme, le foie est proportionnellement plus petit que chez les animaux carnivores et il n’est pas fait pour assurer le filtrage des poisons d’origine animale. De même, le tube digestif qui est court chez les animaux carnivores pour éliminer rapidement les toxines, est relativement long chez l’homme comme chez les animaux végétariens.
Mais, si un yogi ne mange pas de viande, c’est avant tout pour obéir à un principe fondamental : la non-violence, ahimsa. « Tu ne tueras point ». Les animaux comme les hommes ont une conscience et des sentiments. L’élevage et l’abattage massifs sont aussi cruels que le fait de jeter des pierres sur le chien de son voisin. En Inde, on considère la vache avec respect pour le service qu’elle peut rendre à l’homme. Elle laboure les champs, donne du lait et tous les produits dérivés pour l’alimentation et son fumier est utilisé comme combustible ou pour la construction des maisons. Un fermier indien ne songerait pas plus à faire cuire sa vache que son chat pour le dîner.
Cela ne fait pas de doute : « Nous sommes ce que nous mangeons. » Une part subtile de ce que nous absorbons devient la conscience. Les animaux vivent, mangent, dorment et se reproduisent. Leur conscience se limite à cela. Les vibrations d’une plante sont extrêmement subtiles et ceux qui sont passés d’un régime carné à une alimentation végétarienne observent un changement correspondant dans leur état de conscience. Une certaine lourdeur d’esprit disparaît et la conscience devient plus harmonieuse. Cela est bien sûr très favorable à la méditation. Plus l’alimentation est saine et plus le mental peut être contrôlé facilement. Puis avec le temps et la pratique, le succès dans la méditation est assuré.